Sureau noir

Sureau noir

Sambucus nigra L.

Origine · BelgiquePlante européenne

L’histoire de la plante

Au printemps, le sureau noir se couvre de larges ombelles blanc crème dont le parfum doux et miellé attire les pollinisateurs. Quelques mois plus tard, ces fleurs laissent place à des grappes de petites baies brillantes, passant du vert au noir violacé à maturité. Originaire d’Europe ainsi que de certaines régions d’Afrique du Nord et d’Asie occidentale, le sureau noir s’est largement diffusé dans les zones tempérées. Il pousse volontiers dans les haies, les bois clairs, le long des chemins, près des cours d’eau et aux abords des habitations. Il apprécie particulièrement les sols riches en azote, frais et suffisamment humides, même s’il peut s’adapter à des terrains variés. Sa croissance rapide et sa capacité à repartir après avoir été taillé expliquent sa présence fréquente dans les paysages ruraux et les anciens jardins. Le sureau accompagne les sociétés européennes depuis des siècles. Des vestiges archéologiques témoignent de la récolte de ses baies dès l’âge du Bronze et l’âge du Fer. Dans l’Antiquité, Hippocrate, Dioscoride, Galien et Pline l’Ancien mentionnaient déjà différents usages de la plante. Au Moyen Âge, elle occupait une place importante dans les pratiques populaires destinées notamment aux inconforts hivernaux. Autour du sureau se sont également développées de nombreuses croyances. Dans plusieurs traditions européennes, il était considéré comme un arbre protecteur, planté près des maisons et associé au passage entre le monde visible et celui des esprits. Ses rameaux creux ont aussi servi à fabriquer des sifflets, des flûtes et de petits instruments. Cette proximité avec les habitations, ses multiples usages et les récits qui l’entourent lui ont parfois valu le surnom d’« arbre-médecine ».

Portrait botanique
Le sureau noir est un arbuste très ramifié mesurant généralement entre 3 et 6 mètres de hauteur, mais pouvant parfois prendre la forme d’un petit arbre approchant une dizaine de mètres. Son écorce, d’abord grisâtre ou brunâtre, devient progressivement crevassée et écailleuse. Les jeunes rameaux renferment une moelle blanche, tendre et caractéristique. Ses feuilles caduques sont disposées de manière opposée. Elles sont composées de cinq à sept folioles allongées, terminées en pointe et bordées de dents régulières. Lorsqu’elles sont froissées, elles dégagent une odeur assez forte et peu appréciée. La floraison se déroule généralement entre mai et juin. Les petites fleurs blanc crème sont réunies en larges inflorescences aplaties pouvant atteindre une vingtaine de centimètres de diamètre. Très parfumées à l’état frais, elles attirent de nombreux insectes pollinisateurs. Les fruits apparaissent à la fin de l’été. D’abord verts, ils deviennent noirs et brillants à maturité et forment des grappes pendantes. Leur jus est rouge violacé et fortement colorant. Le sureau noir ne doit pas être confondu avec le sureau hièble, Sambucus ebulus, une plante herbacée dont les fruits sont toxiques, ni avec le sureau à grappes, Sambucus racemosa, dont les fruits rouges demandent également des précautions particulières.
Usages traditionnels
Les différentes parties du sureau noir n’ont pas la même composition et ne possèdent pas les mêmes usages traditionnels. Les fleurs Les fleurs séchées ont principalement été employées dans les traditions européennes lors des premiers signes de refroidissement. Elles étaient préparées en infusion chaude et associées à une augmentation de la transpiration, ce qui explique leur réputation traditionnelle de fleurs « sudorifiques ». Elles ont aussi été intégrées à des préparations destinées à accompagner la toux, les irritations de la gorge et certains inconforts des voies respiratoires. En Europe, les fleurs possèdent également une longue histoire alimentaire. Elles servent à préparer des sirops, des limonades, des boissons fermentées, des gelées, des desserts et parfois des beignets. Les baies Les baies mûres ont traditionnellement été transformées en jus, sirops, confitures, gelées ou vins. Elles ont été employées dans les préparations hivernales et dans certains usages associés au confort respiratoire ou au transit intestinal. Leur couleur intense a également permis de les utiliser comme colorant alimentaire ou textile. Ces baies ne doivent toutefois pas être consommées vertes ou insuffisamment préparées. Les usages alimentaires concernent des fruits mûrs, correctement identifiés et généralement cuits. Les feuilles et l’écorce Les feuilles et l’écorce apparaissent dans d’anciens usages populaires, notamment dans des préparations externes ou destinées à favoriser l’élimination. Elles contiennent cependant des substances potentiellement indésirables, notamment des hétérosides cyanogènes. Ces emplois historiques ne doivent donc pas être transposés en préparations domestiques ni en recommandations actuelles. Ces différents usages sont présentés dans une perspective historique et ethnobotanique. Ils ne constituent pas des indications thérapeutiques.
Usages documentés
La composition du sureau varie fortement selon la partie de la plante étudiée. Dans les fleurs Les fleurs contiennent notamment : • Des flavonoïdes, parmi lesquels des dérivés de la quercétine, du kaempférol, de l’isorhamnétine et du rutoside • Des acides phénoliques, notamment des dérivés de l’acide caféique et de l’acide chlorogénique • Des mucilages • Des tanins • Des triterpènes • Des stérols • Une faible quantité de composés aromatiques volatils. Ces constituants participent au profil aromatique de la fleur et ont fait l’objet de recherches expérimentales portant notamment sur différentes activités antioxydantes et anti-inflammatoires. Les baies mûres contiennent notamment : • Des anthocyanes responsables de leur couleur noire à violet profond • Des flavonoïdes • Des acides phénoliques • Des sucres • Des pectines • Des acides organiques, parmi lesquels les acides citrique et malique • Des vitamines et des minéraux en quantités variables. Les recherches consacrées aux baies se sont particulièrement intéressées à leurs pigments anthocyaniques et à leur activité antioxydante. Quelques essais cliniques ont également étudié certains extraits ou sirops standardisés dans le contexte des infections respiratoires. Ces résultats concernent toutefois des préparations spécifiques, des doses précises et parfois des produits associant plusieurs ingrédients. Ils ne permettent pas d’attribuer automatiquement les mêmes effets à une infusion de fleurs, à des baies préparées à la maison ou à la quantité de sureau présente dans un mélange. Les feuilles, les jeunes rameaux, l’écorce, les fruits non mûrs et les graines peuvent contenir des hétérosides cyanogènes, notamment de la sambunigrine. Leur ingestion peut provoquer des troubles digestifs et potentiellement d’autres effets indésirables. La fleur de sureau noir fait l’objet d’une monographie européenne de l’EMA. Sur la base de son usage ancien, le Comité des médicaments à base de plantes reconnaît l’utilisation traditionnelle de certaines préparations à base de fleurs séchées pour soulager les premiers symptômes du rhume. Cette reconnaissance repose sur la longue histoire d’utilisation de la fleur et non sur des preuves cliniques suffisantes pour établir une efficacité au même niveau que celle d’un médicament disposant d’essais cliniques solides. L’EMA souligne d’ailleurs le manque d’études cliniques consacrées spécifiquement aux fleurs de sureau. À savoir : les données obtenues avec un extrait de baies ne peuvent pas être appliquées à une infusion de fleurs. De la même manière, la présence d’un constituant dans la plante ne signifie pas qu’il passe intégralement dans l’eau ni qu’il y atteint la concentration utilisée dans les études.

De la terre à Racines d’Afrique

Le sureau sélectionné par Racines d’Afrique est cultivé et récolté en Belgique. Nous utilisons uniquement ses fleurs pour le moment. Celles-ci sont récoltées au moment de la floraison, puis séchées rapidement avec une ventilation suffisante afin de préserver leur couleur, leur parfum et leur qualité. Cette origine belge permet au sureau de représenter pleinement le versant européen de notre herboristerie sans frontières. Les baies de sureau rejoindront prochainement une nouvelle création plaisir, pour explorer une autre expression de cette plante, autour d’un univers plus fruité.

Illustration botanique de Sureau noir

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