Origine · MarocPlante d’ailleurs
L’histoire de la plante
Avec ses pétales délicatement froissés, ses nuances allant du rose pâle au rose soutenu et son parfum immédiatement reconnaissable, la rose de Damas est l’une des roses les plus emblématiques de l’histoire de la parfumerie et des traditions végétales.
Son origine exacte reste difficile à retracer. La rose de Damas est un hybride ancien, cultivé depuis si longtemps que son histoire se confond avec celle des jardins du Moyen-Orient et de l’Asie occidentale.
Les recherches consacrées à son patrimoine génétique suggèrent une origine complexe faisant intervenir plusieurs espèces de rosiers, parmi lesquelles Rosa gallica, Rosa moschata et Rosa fedtschenkoana. Cette parenté contribue à expliquer les similitudes observées entre la rose de Damas et certaines roses anciennes comme la rose de Provins.
Son nom fait référence à la ville de Damas, longtemps située au carrefour des échanges entre l’Orient et l’Occident. Au fil des siècles, sa culture s’est diffusée dans différentes régions du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord, d’Europe et d’Asie.
La rose occupait déjà une place importante dans les civilisations antiques. Elle accompagnait les cérémonies, les soins du corps, les parfums, les préparations culinaires et les pratiques médicinales.
Dans le monde arabo-persan, le perfectionnement des techniques de distillation a contribué au développement de l’eau de rose et des essences parfumées. Ces préparations se sont progressivement diffusées en Méditerranée, en Europe et en Asie.
La rose de Damas est aujourd’hui particulièrement cultivée pour ses fleurs aromatiques. Ses pétales sont employés en parfumerie et en cosmétique, mais également dans des confitures, des sirops, des pâtisseries, des boissons, des infusions et différentes préparations culinaires traditionnelles.
Au Maroc, la culture des roses et les savoir-faire liés à leur récolte et à leur transformation occupent une place particulière dans certaines régions. La fleur y est notamment valorisée sous forme de pétales séchés, d’eau florale et de produits parfumés.
Portrait botanique
La rose de Damas est un arbuste vigoureux pouvant généralement atteindre entre 1,5 et 2 mètres de hauteur.
Ses tiges ramifiées portent de nombreux aiguillons robustes et courbés, parfois accompagnés de poils plus fins.
Ses feuilles sont composées de cinq à sept folioles ovales, dentées sur leurs bords. Leur face supérieure est généralement verte et relativement mate, tandis que leur face inférieure peut être légèrement velue.
Les fleurs apparaissent seules ou réunies en petits bouquets. Elles sont souvent semi-doubles ou doubles et possèdent de nombreux pétales disposés en rosette. Leur couleur varie du rose très pâle au rose soutenu, plus rarement jusqu’au blanc.
La plupart des rosiers de Damas fleurissent au début de l’été. Certaines formes anciennes, dites « des quatre saisons », peuvent produire une seconde floraison.
Après la floraison, le rosier peut former un faux fruit appelé cynorhodon. Celui-ci ne doit pas être confondu avec les pétales, car sa composition et ses usages sont différents.
La rose de Damas doit également être distinguée de la rose de Provins, Rosa gallica, et de la rose cent-feuilles, Rosa × centifolia. Ces roses anciennes peuvent partager certains constituants et usages, mais possèdent une identité botanique distincte.
Usages traditionnels
Les pétales de rose possèdent une longue histoire d’utilisation alimentaire, cosmétique et herboriste.
Ils ont été employés pour parfumer des boissons, des infusions, des confitures, des sirops, des confiseries et des desserts. Dans différentes cultures du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord et d’Asie, la rose accompagne également les fêtes, les cérémonies et les gestes d’hospitalité.
Dans les traditions herboristes, les pétales ont notamment été utilisés pour leur caractère légèrement astringent et adoucissant.
Des préparations à base de rose ont ainsi été employées pour accompagner certains inconforts digestifs légers ainsi que les irritations passagères de la bouche ou de la gorge.
La rose est également associée, dans plusieurs traditions, au calme, au réconfort et à l’apaisement émotionnel. Cette dimension sensorielle est étroitement liée à son parfum et au rituel qui entoure son utilisation.
L’eau de rose et différentes préparations externes ont par ailleurs été utilisées pour les soins de la peau et des muqueuses.
Ces usages peuvent concerner des pétales, des infusions, des macérations, des hydrolats ou de l’huile essentielle. Ces préparations ne possèdent cependant ni la même composition ni la même concentration.
Ces éléments sont présentés dans une perspective historique, culturelle et ethnobotanique. Ils ne constituent pas des recommandations thérapeutiques.
Usages documentés
Les pétales de rose de Damas contiennent notamment :
• Des polyphénols
• Des flavonoïdes, parmi lesquels des dérivés de la quercétine et du kaempférol
• Des anthocyanes participant à la coloration rose des pétales
• Des tanins
• Des acides phénoliques, notamment des dérivés des acides gallique et ellagique
• De petites quantités de composés aromatiques volatils.
Les fleurs fraîches et l’huile essentielle contiennent également différents composés odorants, parmi lesquels le citronellol, le géraniol, le nérol, le linalol, l’alcool phényléthylique ainsi que des damascones et des damascénones.
Ces molécules participent au parfum complexe de la rose de Damas. Leur proportion varie considérablement selon la variété, le territoire, le climat, le moment de la récolte et la méthode de transformation.
Le séchage entraîne également une évolution du profil aromatique. Les pétales séchés ne possèdent donc pas exactement la même composition que les fleurs fraîches, l’eau de rose, l’hydrolat, l’absolue ou l’huile essentielle.
Les recherches scientifiques consacrées à Rosa × damascena ont étudié différentes activités antioxydantes, anti-inflammatoires, antimicrobiennes ou liées au système nerveux.
Certaines études chez l’être humain ont également exploré les effets de préparations à base de rose sur l’anxiété, le sommeil, la douleur ou certains inconforts. Les produits testés étaient toutefois principalement des huiles essentielles, des hydrolats, des extraits ou des préparations aromatiques.
Les résultats de ces travaux ne peuvent donc pas être transposés automatiquement à une tasse d’infusion préparée avec quelques pétales séchés.
Les données cliniques concernant spécifiquement la consommation de pétales de rose de Damas en infusion restent limitées. Elles ne permettent pas d’affirmer que cette infusion prévient ou traite une maladie.
À savoir : la composition des pétales séchés diffère fortement de celle de l’huile essentielle. Une propriété observée avec une huile essentielle concentrée, un hydrolat ou un extrait ne peut pas être attribuée automatiquement aux pétales utilisés dans une infusion.
De la terre à Racines d’Afrique
La rose de Damas sélectionnée par Racines d’Afrique est cultivée et récoltée au Maroc.
Ses pétales sont séparés de la fleur puis séchés avec précaution. Leur finesse les rend particulièrement sensibles à la lumière, à l’humidité et à la chaleur, qui peuvent altérer leur couleur et leur parfum.
Une conservation dans un contenant hermétique et à l’abri de la lumière permet de préserver au mieux leurs qualités sensorielles.
Cette origine marocaine inscrit naturellement la rose de Damas dans le dialogue entre l’Afrique, la Méditerranée et les traditions végétales qui caractérise Racines d’Afrique.